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Les solutions TopGreen et la gestion durable
Désherbage thermique des surfaces minérales de la ville de lyon 2004 BILAN août 2004 par Howard WOOD Ingénieur Ecologue
|  | La ville de Lyon a choisi en 2004 de désherber ses surfaces minérales (chemins, aires de jeux, parkings, autour des arbres …) en utilisant 3 méthodes de désherbage thermique différentes : deux avec l’eau chaude, une avec la flamme de butane. Comparativement, le bilan énergétique de cette dernière technique est plus efficace, elle se révèle plus probante grâce à la flamme du brûleur qui atteint 800° (contre seulement 100° avec l’eau chaude). Ajoutons à cela que la technologie utilisée est simple, que les brûleurs sont faciles à manier et que les investissements nécessaires sont relativement bas. La surface couverte : Les zones traitées représentaient aussi bien des surfaces de quelques dizaines de m² que des surfaces de 2000 à 3000 m². Pour l’année, une première intervention sur la totalité de la surface a été faite, suivie de six interventions sur la moitié de celle-ci, de sorte que la somme de ces interventions soit équivalente à quatre traitements totaux.
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Premier constat, l’état des sites à traiter est variable. Dès lors, plusieurs facteurs entrent en jeu : l’épaisseur du sol stabilisé en surface (parfois moins de 3 mm), la planimétrie des sites (mesure de la planéité des surfaces) qui engendre des flaques où prolifèrent les adventices, la propreté des sites et la différence entre la taille annoncée et la taille réelle des surfaces à traiter. Autre constat, au printemps, date où l’opération a commencé, le désherbage thermique montre ses limites : les adventices sont dans des conditions idéales. Elles sont bien installées et il faut insister longtemps avec le brûleur pour les éliminer. De plus, elles se régénèrent rapidement en cette saison. Au bout de 14/21 jours, il faut donc renouveler l’opération. Notons que l’été est plus favorable au désherbage thermique, grâce au stress hydrique (insuffisance en eau) qui touche les plantes et qui rend plus rapide leur destruction par flammes. Il faut également souligner que, parce qu’il fait plus chaud et sec que le matin, ces plantes brûlent mieux l’après-midi. Enfin, certains adventices sont plus résistants, comme le chiendent ou le pâturin annuel. |
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Perspectives pour l’avenir |
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Objectif : limiter l’invasion des adventices en changeant les méthodes de travail habituelles. La solution chimique a l’avantage d’être très souple (les retards d’interventions peuvent être facilement rattrapés et le processus est simple). Ainsi, en préventif : le produit est appliqué en début d’année, et le terrain est propre durant 3 à 6 mois. En curatif : après application du produit, toutes les plantes sont détruites. La solution écologique est, quant à elle, beaucoup plus contraignante : en amont de toute intervention, la période d’observation doit être plus suivie. De plus, la période d’intervention est plus limitée. Enfin, cette méthode est utilisée essentiellement en préventif, le curatif étant très coûteux en temps. Une solution unique en réponse à un problème ne peut donc être retenue. En sachant que le résultat final en terme de "propreté du terrain" sera, avec la méthode thermique, inférieur au résultat chimique, il devient nécessaire d’avoir recours à la solution chimique pendant les premières années. Ceci ne met pas en cause l’objectif de la gestion durable car en première phase on évolue vers la gestion durable sans l’abandon de la solution chimique. Avec le désherbage thermique, il est plus efficace de traiter une zone lorsque les graines de plantes adventices sont dormantes ou à peine germées que d’attendre la phase suivante de colonisation. Cependant, les idées reçues persistent. D’un côté, les "horticulteurs chimiques" n’ont pas l’habitude d’agir à ce stade. De l’autre, les gestionnaires pourraient ne pas comprendre la raison de l’intervention quand il n’y a pas de plantes adventices à "traiter" De plus, les résultats du désherbage thermique ne deviennent comparables qu’au bout de 3 à 5 ans, quand tous les paramètres se stabilisent (habitude des jardiniers, cycles naturels, acquisition de matériel adapté …). Enfin, parce qu’elles ne nécessitent pas le même niveau de suivi que les surfaces végétales, on a tendance à penser que les surfaces minérales ne nécessitent pas d’attention particulière les premières années. Pourtant, le désherbage est nécessaire :dans les fissures et joints où peut s’accumuler un peu de terre comme support de culture, aux endroits où l’eau forme des flaques, quand les matériaux se dégradent par exemple le « ghorr » et autres sols stabilisés ou quand l’épaisseur de la couche de finition n’est pas suffisamment profonde ! Il est important, par conséquent, de faire évoluer les mentalités.
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Extrait de la présentation de la conférence en Gestion Différenciée à Valence février 2004 par H. WOOD. |
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Comment développer l’usage des solutions alternatives pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires, qui se base aujourd’hui sur un seul paramètre : la toxicité ? Pour éviter la colonisation des plantes adventices, il faut créer un environnement hostile à leur colonisation. Un regard plus approfondi doit être porté sur la granulométrie des sols ; la mobilité des particules en surface, la profondeur et la constitution des couches ainsi que le drainage et la perméabilité pourraient améliorer la situation. Enfin, il faut éviter la dégradation des matériaux en les choisissant plus stables sur le plan physico-chimique. De même, on doit se demander s’il est justifié d’intervenir sur toutes les zones couvertes par du sol stabilisé ? Peut-on tolérer à certains endroits une couverture d’adventices ou du gazon ? En conclusion, il semble quele désherbage thermique doit être combiné avec d’autres moyens pour contrôler efficacement et de manière rentable le développement des adventices. L’entretien complet d’un site doit donc prendre en compte les lignes budgétaires des 6 points suivants : Réparer les défauts (fissures, joints et flaques), Faire des apports complémentaires des matériaux aux endroits manquants (pour un sol stabilisé), Favoriser une mobilité de la surface par l’action de ratissage (mécaniser si possible avec un dragmat et/ou bunker rake), pour créer un environnement hostile à la germination et l’installation de plantes, Cibler les désherbages manuels de point, Cibler l’utilisation de désherbage thermique, Avoir recours à la solution chimique comme dernière solution. En termes de coût, c’est donc l’état initial de chaque terrain à traiter qui déterminera le coût de l’entretien par désherbage thermique.
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