La dynamique écologique


Un principe naturel au service d'une gestion durable


Compétition, successions végétales, caractéristiques de survie… L’interaction entre espèces (identiques ou différentes) est appelée dynamique écologique. C’est un phénomène connu mais trop peu exploité. Il peut pourtant aider les professionnels des espaces verts à bâtir un programme de Gestion Durable.



Sortir vainqueur de la guerre des végétaux


Les plantes poussent mieux à certains endroits qu’à d’autres car elles sont plus compétitives à cet endroit qu’ailleurs et non parce que l’endroit leur plaît. C’est une conséquence de la dynamique écologique. La compétition inter-espèce est ainsi très rude quand une terre végétale est profonde et riche et quand la pluviométrie est régulière. On trouvera dans ces conditions beaucoup de graminées alors qu’en présence d’une pente forte, d’une terre pauvre ou d’une pluviométrie variable, les fleurs sauvages pourraient apparaître plus tenaces. 
 
Tous ces facteurs variables combinés (lumière, qualité du sol, etc.) constituent une niche écologique unique qui mérite donc d’être mieux étudiée.
Ainsi, il résulte que du point de vue du jardinier qui veut une jolie pelouse, mieux vaut s’assurer qu’il ne manque pas d’engrais azoté, que l’arrosage soit régulier et que les tontes soient fréquentes. Dans ces cas, le gazon ne sera pas en condition de stress, et les plantes adventices ne trouveront pas leur place.
 
Dans les massifs, pour réduire la force de ces mauvaises herbes, il peut planter des végétaux à forte densité qui les font lutter pour la lumière, pour l’eau du sol et pour les éléments nutritifs. La compétition entre eux rendrait plus difficile l’installation de mauvaises herbes. Le paillage avec des copeaux de bois, feuilles, écorce de pin… rendrait l’installation de mauvaises herbes plus difficile.
 
De plus, il doit davantage considérer la capacité de certaines plantes à nuire à d’autres espèces par la présence de toxines naturelles. C’est le cas de l’if, le laurier des haies ou le marronnier, où rien ne pousse en dessous.
 
Malgré leur efficacité, ces solutions ne sont pas systématiquement préconisées par les techniciens. Trop souvent ceux-ci choisissent plutôt de limiter le nombre de végétaux dans les massifs … et de dépenser, par la suite, l’argent économisé sur l’application des herbicides pour contrôler les plantes adventices.



Mieux accompagner la nature avec les successions végétales


En comprenant la dynamique des successions végétales, il est plus facile d’entrer dans une logique d’accompagnement et de réorientation de la nature plutôt que dans une logique d’affrontement.
Ainsi, si on laisse un champ nu se faire coloniser par de mauvaises herbes on observera une succession d’espèces, puis une végétation climax (communauté végétale stable pour un climat/sol/altitude donné). Typiquement, la succession pourrait être : plantes annuelles => plantes vivaces => ronces et arbustes (ex : saule) => arbres colonisateurs (bouleaux, acacias, ailantes…) => Forêt de Chênes, Hêtres … en climax.
 
Stratèges R ou K : mieux appréhender et exploiter la capacité de survie des espèces
L’appellation de stratège R ou K fait référence à une formule mathématique sur la dynamique de populations et désigne les caractéristiques de survie d’une espèce.
Parmi les stratèges R qui ont une forte fécondité mais une faible survie, on compte notamment les adventices. A l’opposé, les stratèges K ont une faible fécondité mais une forte survie. Dans cette famille, on trouve les chênes.
Ainsi, alors qu’un bouleau (R) dépense son énergie à produire beaucoup de petites graines pour une grande distribution, le chêne (K) produit peu de graines mais investit son énergie dans la probabilité que chaque gland peut survivre grâce à ses grandes réserves.

En observant les divers habitats, on peut désigner les espèces que l’on voit comme des stratèges R ou K. Mais cette théorie a ses limites, car il existe des espèces qui échappent à cette classification.

Autres caractéristiques associées aux stratèges :

 

 Stratège rStratège K
  continuum 
Climat variableconstant
MortalitéElevéeStable
CompétitionIntra spécifiqueInterspécifique
NombreTrès variablesPlus équilibré
La sélection naturelle favorise 1. Reproduction tôt 1. Reproduction tardive
 2. Petite taille2. Grande taille
 3. Développement rapide 3. Développement lent
 4. Longévité Courte4. Grande longévité
 5. Sémelparité 5. Itéroparité
 6. Productivité6. Efficacité
Titre du tableau

En observant les divers habitats, on peut désigner les espèces que l’on voit comme des stratèges R ou K. Mais cette théorie a ses limites, car il existe des espèces qui échappent à cette classification.
 
L’application de la dynamique écologique trouve tout son sens quand on réfléchit, par exemple, sur la manière de réaliser des plantations le long d’un tronçon d’autoroute. Faut-il planter ou semer beaucoup de jeunes plantes de type stratégie R ou favoriser une approche de stratégie K en plantant moins de végétaux et en apportant plus de soins sous forme d’entretien ? La mortalité des végétaux selon un schéma de gestion durable n’est pas une « fatalité » si la couverture végétale en 25 ans est assurée. Cependant, le client peut être catastrophé de voir 33% des végétaux mourir au bout de 3 ans si l’enjeu initial ne lui a pas été expliqué. Avoir ce type de recul sur un habitat à long terme permettrait d’éviter les erreurs que l’on voit aujourd’hui.


 
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